L'école en France

Source :
http://www.ac-grenoble.fr/patrimoine-education/chemin/maisdecole.htm

http://pedagogie.ac-toulouse.fr/histgeo/monog/albi/ecole/loisco.htm

Ancien Régime
Peu nombreuses sont ces « petites écoles » de l’Ancien Régime, d’initiative religieuse le plus souvent. Elles sont avant tout des écoles de catéchisme qui rendent, de fait, obligatoire l’apprentissage de la lecture, puis de l’écriture. C’est dans un lieu quelconque que sont réunis les écoliers (grange, étable, presbytère…). L’enseignement y est individuel, répétitif, autoritaire. La fréquentation est des plus aléatoires. Beaucoup de ces petites écoles sont encore en usage au début de la Restauration.

1698 : déclaration royale (régents rétribués par les communautés) encourageant le développement des écoles dans chaque paroisse.

Révolution
Les plans, que ce soit celui de Talleyrand (1791) ou de Condorcet (1792), qui prévoyaient gratuité, laïcité et généralisation de la scolarité, sont abandonnés progressivement faute de moyens. Ainsi, l'obligation scolaire, imposée par la loi Bouquier (29 frimaire an Il, 19 décembre 1793), disparaît très vite avec les décrets Lakanal (27 brumaire an III, 17 novembre 1794). La gratuité n'est plus envisagée avec la loi Daunou (3 brumaire an IV, 25 octobre 1795), pas plus que la rétribution, par l'Etat, de l'instituteur, désormais payé par les communes.

Premier Empire
Napoléon s'attache surtout à fonder un enseignement secondaire solide (11 floréal an X, 1er mai 1802, création des lycées). Les écoles primaires sont aux bons soins des communes et des congrégations, notamment celle des Frères des Ecoles chrétiennes, à nouveau autorisées à enseigner (1810).

Restauration(Louis XVIII 1816-1824; Charles X 1824-1830)
L'ordonnance du 29 février 1816 enjoint toutefois chaque commune de pourvoir (gratuitement pour les indigents) à l’instruction primaire sur son territoire. Mais il n’est pas affirmé la nécessité d’un bâtiment spécifique.
Elle renforce le rôle de l'Eglise dans les écoles primaires tout en imposant pour la première fois aux instituteurs une " norme technique " mesurée par le brevet de capacité.

Monarchie de Juillet (Louis philippe 1830-1848)
La loi du 28 juin 1833, dite loi Guizot, impose une école de garçons dans les communes de plus de cinq cents habitants et une école normale dans chaque département. Elle en aide la construction par une imposition de 3 centimes additionnels, complétés de subventions départementales (2 cts additionnels) ou de l’Etat. Le nombre de communes sans école passe de 14 000 en 1829 à 3213 en 1847. En moins de 20 ans le nombre d’écoles passe de 30 000 à 60 000, celui des élèves de 1,4 million à 3,5 millions. Les filles ne représentent que 38%. Pour la première fois un texte législatif exige « un local convenablement disposé ».

Second Empire
En donnant au curé un pouvoir de surveillance de l'instituteur, la loi FALLOUX (15 mars 1850) remet en vigueur des dispositions de contrôle de l'école par l'Eglise que la Monarchie de Juillet avait abandonnées. Elle lui fournit aussi les moyens d'ouvrir davantage d'écoles, en supprimant l'obligation du brevet de capacité pour les ecclésiastiques et en créant la possibilité pour les communes, les départements et l'Etat de verser des subventions aux établissements libres (10 % des dépenses maximum). La loi DURUY, en 1867, décide que les instituteurs des écoles publiques seront des laïcs et impose l'ouverture d'une école de filles dans les communes de plus de cinq cents habitants. Elle modère donc les effets de la loi Falloux qui a beaucoup contribué à transformer la question des rôles de l'Etat et de l'Eglise dans l'école en une lutte politique des Républicains laïcs et anticléricaux contre les catholiques orthodoxes qui appuient la politique pontificale de Pie IX (1864, condamnation d'une école affranchie de l'autorité de l'Eglise, par le "Syllabus").

La Troisième République
Gratuité, laïcité, obligation, les trois principes fondamentaux de l'Ecole républicaine mise en place par Jules FERRY.
L'obligation, pour l'ensemble de la France, elle ajoute aux 3 800 000 enfants scolarisés avant elle 600 000 élèves de plus (soit environ 15 % de mieux).
La loi du 10 avril 1867 crée un 3ème centime départemental, un 4ème en 1875.
Avec la loi du 1er juin 1878, l’Etat met à la disposition du ministère de l’Instruction publique une somme de 60 millions de francs « pour être répartie, à titre de subvention entre les communes, en vue de l’amélioration ou de la construction des mobiliers scolaires ». 60 millions supplémentaires sont mis à disposition à titre d’avance aux communes dûment autorisées à emprunter. Cette mesure se traduira concrètement par des prêts à 3% remboursables en 30 ans.
Jamais l’Etat n’avait poussé aussi fort pour que les communes possèdent leur école (les lois antérieures toléraient la location. Désormais, plan et devis sont soumis à l’approbation du ministère qui crée une « Caisse des écoles » gérée par la Caisse des Dépôts et Consignations. Des plans type sont proposés aux communes lors des expositions universelles de 1867, 1878 et 1889 à Paris.
En juin 1880, Jules Ferry édicte un règlement pour la construction et l’ameublement des maisons d’école. Texte détaillé et contraignant : « Le nombre maximum des places par classe sera de 50 dans les écoles à une classe et de 40 dans les écoles à plusieurs classes. La surface sera calculée de façon à assurer à chaque élève un minimum de 1,25 à 1,50m. La capacité des salles de classe sera calculée de façon à assurer à chaque élève un minimum de 5m3. La classe sera de forme rectangulaire, l’éclairage sera unilatéral, le jour venant nécessairement de la gauche des élèves. »
Les demandes de subventions affluant, la loi du 3 juillet 1880 ouvrait un crédit de 17 millions de francs. Celles d’août 1881 et de mars 1883 ajoutant 240 millions sous forme de dotation ou de fonds d’avance.
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Page créée par Stevenoot pierre le 06/09/07.